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Sur la route du sud tunisien L’office de promotion du tourisme tunisien, nous a invité à découvrir en ce début d’année 2000 le sud de leur beau pays. Notre périple commence à Tozeur. Tozeur est l’une des oasis les plus célèbres du monde. Elle abrite une splendide palmeraie de plus de 1000 hectares qui compte des centaines de milliers d’arbres. Une véritable jungle avec trois étages de végétation: les champs de culture, les arbres fruitiers et au-dessus les panaches des palmiers porteurs notamment des fameuses deglet en nour, les doigts de lumière. Allongées et translucides, ce sont les meilleures dattes que nous n’ayons jamais mangées. .En voiture, en calèche, à dos de dromadaire ou à pied, la palmeraire offre de nombreuses possibilités de balades. La route principale vous conduira au jardin du Paradis, un jardin extraordinaire où éclosent au printemps nous dit-on des centaines de variétés de fleurs. Mais il y a également énormément d’arbustes et d’arbres fruitiers. Juste à côté, le Zoo du Sahara: on peut y voir des vipères des sables, des vipères à cornes, des scorpions et leurs redoutables ennemis… les varans, les rois du désert!. Outre les reptiles vous pourrez encore admirer notamment des fennecs, des autruches, des gazelles, des lions de l’Atlas et … Ali-Baba. Le dromadaire amateur de coca-cola. Informations prises, désolée de le décevoir, il s’agit seulement d’un peu d’eau sucrée! Tozeur est une superbe oasis mais aussi une ville vivante de 38 000 habitants. L’animation du centre moderne avec son marché, ses souks, ses cafés, ses boutiques de vannerie, de tissage et de souvenirs contraste avec le calme de la médina, la vieille ville. Ainsi le quartier de Ouled Hadef avec ses ruelles étroites, ses maisons aux façades de brique ocre, présentant de magnifiques décors géométriques nous a littéralement envoûté.Toutes ses briques disposées tantôt en retrait, tantôt en saillie proviennent de la fabrique de briques, totalement artisanale, située en plein air à quelques minutes de là. Avant de retourner à l’hôtel, nous nous sommes arrêtés au belvédère. Plusieurs gros rochers surplombent la palmeraie et offrent une belle vue sur Tozeur et les environs. Après le coucher du soleil nous nous sommes rendus au musée Dar Cherait, selon nos guides, le plus exceptionnel du sud. On veut bien le croire car ce musée rassemble dans un cadre grandiose de nombreux témoignages de la civilisation tunisienne; costumes, armes, bijoux. Il abrite aussi des reconstitutions de scènes de la vie quotidienne de la bourgeoisie tunisienne aux 18 et 19 ème siècles. Chambre, cuisine, hamam…rien ne semble oublié. La galerie d’art avec sa collection de peintures anciennes et contemporaines mérite également le coup d’œil. Pas question de s’aventurer davantage dans le sud sans avoir vu les oasis de montagne, située à une bonne heure au nord de Tozeur. Elles sont au nombre de trois: Chibika, Tamerza, et Midès. Chibika est sans-doute la plus belle. Le village accroché au flanc de la montagne, construit de pierre et de terre, est aujourd’hui en ruine et presque totalement abandonné. Sur la route de Tamerza, les paysages sont à couper le souffle. Le chauffeur compréhensif s’arrête à la moindre sollicitation. Un peu avant Tamerza, voici la cascade la plus importante de la région. Dans cet univers aride elle relève du miracle. A une vingtaine de kilomètres au sud De Tozeur se trouve l’oasis de Nefta. Le second centre religieux après kairouan situé dans le Nord de la Tunisie. Les ruelles étroites et les maisons blanches du vieux Nefta sont baignées de soleil. Nefta compte de nombreuses mosquées et près de 100 marabouts. Le plus célèbre est celui de Sidi Bou Ali. Ce saint homme aurait ramené d’Algérie des noyaux de dattes et serait donc à l’origine des Palmeraies du Jérid. L’ attraction ici à ne pas louper est la corbeille de Nefta: un vaste cirque aux parois abruptes.. Un bassin alimenté par des puits abreuvent les milliers de palmiers de l’oasis. Pour rejoindre Douz, il faut traverser le Chott El Djerid, le lac salé asséché, 90 km de pur bonheur. La surface du chott est constituée dans sa grande majorité d’une croûte de sel aux reflets tantôt rosés, tantôt argentés. Parfois apparaît au loin une oasis, on s’en approche, elle s’éloigne… c’est un mirage. En hiver, grâce aux pluies certaines parties du chott sont recouvertes d’eau. une véritable mer intérieure. La route goudronnée devient digue. Une bien belle route il est vrai mais on a envie de s’amuser un peu. Douz, la plus saharienne des oasis du sud tunisien. La porte du Sahara. On nous accueille en musique. Douz avec son marché et ses échoppes abritées sous les arcades de la grand place est une ville vivante. Nous avons acheté à un prix très démocratique les fameuses chaussures fabriquées en cuir de chameau ou de chèvre. Elles sont, paraît-il, presque introuvables ailleurs. A la station des dromadaires, toute proche, vous pourrez choisir votre monture, pour faire un petit tour dans les dunes. Et là , oh surprise, un décor de cinéma, celui du Patient anglais. La ballade dure une heure mais vous pouvez décidez de la prolonger et de passer une ou plusieurs nuits dans le Sahara. Toutes les formules sont possibles. Vous serez toujours accompagnés de chameliers enthousiastes et expérimentés. Sur la route vers Matmata, nous aperçevons notre premier village berbère. Tamezret. Accroché au flanc de la colline, presque invisible. Des femmes aux belles robes rouges et bleues, des enfants, peu d’hommes. Ils ont émigrés vers le Nord en quête de travail. Matmata, le village trogloditique. Quelques scènes de la guerre des étoiles ont été tournées ici. Les berbères de Matmata pour se protéger des envahisseurs et de la chaleur ont creusé leurs logis au sommet de monticules. C’est autour de la vaste cour à ciel ouvert située à 5 à 10 m de profondeur que s’agencent les pièces à vivre: chambre à coucher, salon, cuisine. Les provisions sont engrangées à l’étage, un escalier creusé dans l’argile permet d’y accéder. A l’heure actuelle la plupart des habitants disposent d’une seconde résidence dans la nouvelle matmata. Mais Ils continuent à passer beaucoup de temps dans les maisons troglodites. Elles sont devenues de véritables sources de revenus: des centaines de touristes les visitent chaque jour. Autrefois, les berbères étaient groupés dans des ksours, pluriel de ksar: des forteresses défensives et greniers à provisions collectifs. Medenine est la porte d’entrée des ksours du sud. Dans cette grande ville les greniers ont été transformés en magasins pour touristes. Le ksar de Ghomrassen est de toute beauté. Dans les étroites cellules voûtées on trouve encore des fragments de poteries, de paniers en osier ou un peu de fourrage. Les hommes de Ghomrassen sont réputés pour être les meilleurs fabricants de beignets du pays. Une réputation qui n’est pas usurpée. A Chenini, le ksar domine le village berbère creusé dans les parois escarpées d’une crête rocheuse. Les femmes et les enfants vont chercher l’eau à dos d’âne ou de dromadaire au cinq sources que compte la montagne. Les habitants n’aiment pas être filmés pendant leurs tâches quotidiennes. Nous comprenons et respectons leur pudeur. Notre destination finale, est l’île de Djerba. Une route comme posée sur la mer nous y emmène, c’est la chaussée romaine. Pas de rivières à DJerba et donc pas d’eau potable, elle est acheminée via cet énorme conduit. Djerba ne se résume pas à une station balnéaire touristique: l’arrière pays recèle de délicieux villages à l’habitat dispersé. Parmi les oliviers se dressent de belles mosquées, des antres de potiers à demi-enterrées, des ateliers de tissage et des menzel, sortes de fermes fortifiées. Le tout chaulé d’un blanc qui éclate au soleil et tranche sur l’azur. La seule ville importante de l’île est Houmt Souk. Ses souks au centre nous attendent. Ceux des galeries couvertes vendent surtout des tissus, des tapis et des souvenirs. Dans les rues avoisinnantes, ils sont spécialisés dans la chaudronnerie, la Ferronerie et l’Orfèvrerie. Les bijouteries sont souvent tenues par des commerçants juifs. Djerba abrite en effet une petite communauté juive, ,l’une des plus anciennes du monde. Ainsi, à Midoun, plus à L’Est s’élève la Ghirba, la merveilleuse, cette synagogue est l’un des hauts lieux du judaïsme maghrébin. Beaucoup de Djerbiens sont commerçants ou pêcheurs. Il est vrai que leur île constitue l’une des zones les plus poissoneuses de la mer Méditerrannée. 130 km de littoral très varié, tous les types de pêche y sont pratiqués. Djerba La douce a tant à offrir qu’il existe aujourd’hui un aéroport international. Le sud tunisien, une terre de traditions et d’échange, des paysages magnifiques, des habitants chaleureux . Un voyage à part entière. Allez-y. |